La maison blanche

Une grande maison blanche, là-haut, au bord de la ville. C’est là que vivent les protagonistes d’une autre histoire des Balkans. En franchir le seuil, la première fois, c’est comme s’enfoncer dans les ténèbres. Les longs couloirs étroits, les plafonds bas, les recoins mal éclairés d’où suintent l’humidité et la solitude accumulés. Des petites mains, les doigts froids, m’entraînent dans leur monde.J’ai voulu essayer de raconter leur histoire. Celles d’enfants abandonnés mais doués d’une force et d’une énergie qui ne vous lâche plus.Au réveil, encore endormis, les pas qui s’animent peu à peu en cherchant les chaussures, les mains qui s’évertuent à refaire encore leurs pauvres lits, les cavalcades vers le petit déjeuner. Une autre journée qui commence. Dehors, au pied des montagnes, l’hiver, dur.Leurs jours sont fait d’attente et de jeux. Ils jouent, ils attendent. Attentifs, attachés les uns aux autres, attachés aussi à cette maison, obscure, si présente.Leurs yeux vous dévisagent, vous sollicitent, vous interrogent. Ils semblent pourtant avoir déjà tant vu et tant compris.